Catégorie : L’Avenir Hebdo

  • N°266 – L’affabulation des « 100 millions de morts » du communisme !

    N°266 – L’affabulation des « 100 millions de morts » du communisme !

    Lors d’un conseil municipal à Chenôve, un élu de droite, dans l’opposition, a pris à partie une élue communiste lui demandant « de quitter le parti », prétendant que le communisme avait fait « des millions de morts ». Cet incident rejoint l’attaque en règle subit par notre page Facebook suite à la contre-manifestation de Nuits-Saint-Georges et la venue du député RN Chenu. Nous insultant, répétant le nombre absurde de 100 millions de morts du communisme. Cette réthorique outrancière sature déjà l’espace numérique sous la plume des trolls d’extrême droite.

    Mais d’où vient ce chiffre ? L’imposture du livre noir du communisme.

    L’ouvrage, qu’on peut à peine nommer un livre, a été dirigé par Stéphane Courtois. Contesté dès sa parution par l’ensemble de la communauté historienne, l’ouvrage a rapidemment été abandonné par ses co-auteurs : Nicolas Werth et Jean-Louis Margolin, qui se sont publiquement désolidarisés de Courtois dans Le Monde en sa parution du 14 novembre 1997. L’ouverture des archives soviétiques au début des années 90 a permis d’établir des données documentées. Les travaux de Werth estiment le bilan de la période stalinienne (de 1929 à 1953) entre 10 et 12 millions de morts, en incluant la terrible famine de 1931 à 1933 et les exécutions politiques, considérées au nombre de 782 000.

    Ce bilan effroyable n’a ni besoin d’être flasifié, ni dénié, ni multiplié par dix. Les communistes reconnaissent ces victimes et dénoncent l’horreur du régime de Staline, mais ce nombre ne suffit pas aux desseins à la droite, qui fonde ses mensonges, pourtant démentis par les chercheurs et historiens, sur trois pilliers :

    Le refus de comparaison au nazisme : alors que, comme le démontre Ian Kershaw, l’idéologie nazie repose sur l’extermination raciale biologique, les régimes criminels se réclamant du communisme fondent la leur sur des années de guerres civiles brutales et le totalitarisme de l’État.

    « Le Fascisme attaque »


    « Écrasons la vermine par une contre – attaque du prolétariat »

    La fausse expertise de Stéphane Courtois : pourtant renommé dans les sphères de droite, Courtois est contredit et considéré comme un anti-communiste par ses pairs, Peter Kenez qualifiait son ouvrage de tel, et des éditeurs prestigieux comme Harvard University Press ont amendé ou retiré leurs éditions du livre face aux erreurs factuelles.

    La différence de traitement : si la méthode appliquée dans le livre noir du communisme était utilisée pour compter les victimes du capitalisme, alors le nombre exploserait. En attribuant tous les décès évitables dans un système à son idéologie, alors les inégalités de l’Inde capitaliste surpasseraient largement la mortalité de la Chine communiste au XXème siècle, comme le prouve le prix Nobel d’économie Amartya Sen.

    Quel objectif se cache derrière cette attaque ? La volonté, comme toujours, de la bourgeoisie à criminaliser l’alternative, à rendre le capitalisme, sous tous ses crimes et toutes ses horreurs, la seule option, car c’est uniquement en retirant le choix du communisme que le capitalisme peut gagner l’acquiescement du peuple.

    73 ans après sa mort, la droite agite toujours le spectre de Staline, c’est seulement ainsi qu’elle arrive, avec l’extrême droite à ses côtés, à maintenir un système politique injuste et à bout de souffle. Malgré toutes les attaques, nous les communistes continueront à lutter pour les droits des travailleurs, car sans eux le monde n’est rien, mais sans la bourgeoisie le monde avance encore.

    Déclaration du groupe communiste et apparentée de Chenôve lors du conseil municipal du 29 juin 2026 sur la convention pour l’organisation d’un achat groupé d’énergie

    Le groupe communiste est conscient que le pouvoir d’achat est mis en cause par l’inflation et par des revenus insuffisants, c’est d’ailleurs un engagement de notre programme, « prendre soin de votre pouvoir d’achat ».

    Le pouvoir d’achat est attaqué par la hausse des prix et le blocage des salaires et des retraites. Le prix des carburants, de l’électricité et du gaz sont des postes importants pour des familles aux bas revenus, SMIC et salaires moyens. Quand 28% des habitant.e.s de Chenôve vivent en-dessous du seuil de pauvreté, les communes doivent pallier aux défaillances de l’État. Particulièrement contre la précarité énergétique de nos compatriotes chenevelier.e.s en leur permettant de gagner un peu plus de pouvoir d’achat.

    Pour le Parti Communiste Français nous proposons :

    De débloquer les prix de l’énergie.

    De mettre de la transparence sur les marges. Total Energie a encore réalisé 1 milliard de bénéfices rien qu’en mars, et par ailleurs le PCF s’est prononcé en faveur de sa nationalisation.

    De baisser la TVA sur l’énergie.

    Christine Truchot-Dessolle

  • N°265 – L’imposture du rassemblement national à Nuit-Saint-Georges et ailleurs

    N°265 – L’imposture du rassemblement national à Nuit-Saint-Georges et ailleurs

    Partout comme à Nuits-Saint-Georges contre la venue de Sébastien Chenu, dans la circonscription du RN René Lioret, le vendredi 19 juin, une centaine de militants de gauche avec les communistes, les associatifs et les syndicalistes de la CGT se sont rassemblés pour établir un rapport de force et manifester. Ce n’est pas banal, il ne faut pas laisser et abandonner le terrain aux idées d’extrême droite. Impertubables, nous continuons notre combat de classe révolutionnaire.

    La stratégie de l’extrême droite, en France, en Europe, aux États-Unis et en Amérique du sud, repose sur deux piliers fondamentaux :

    D’une part, l’exploitation des crises économiques, sociales, sanitaires et même climatiques, en dévoyant la colère, la peur et les frustrations en direction de boucs émissaires.

    D’autre part, la construction d’un récit nationaliste et identitaire résumé par le concept de « préférence nationale » qui repose sur une conception éthnique de la nation.

    Le rassemblement national travaille un tryptique : fermeté, justice, protection avec un État fort, autoritaire, censé protéger face aux désordres du monde. Le RN forme une entreprise de banalisation de ses idées, et de quête de respectabilité qui porte ses fruits. Face à cela, il s’agit d’engager une riposte sur tous ces aspects.

    Le combat contre le RN ne doit pas se limiter à une stratégie défensive. L’extrême droite cherche à imposer ses propres sujets, en particulier des valeurs abstraites, pour paraitre comme le seul camp capable d’apporter des réponses (aussi mauvaises soient-elles), le reste de la discussion politique étant étouffée ou même censurée, comme ce fut le cas à Castres, où le spectacle Passeport a été interdit. Partout où s’installe le RN, l’opposition est ciblée et l’austérité apparait : à Carpentras, le maire RN a supprimé les subventions au planning familial et à Carcassonne, la CGT s’est vue retirer ses locaux.

    La stratégie du rassemblement national repose sur l’oppression des partis de gauche pour ne proposer plus qu’une seule option à la classe populaire : celle qui met en bouc émissaire l’immigration, qui abandonne à l’austérité les travailleurs tout en réclamant plus de protection pour les riches.

    Ne l’oublions pas, le Parti Communiste Français a toujours été du côté des travailleurs, apportant des solutions simples et efficaces pour permettre à tous de vivre décemment.

    Bienvenue au collectif féministe du PCF 21 !

    Le 20 juin, 9 camarades dont 5 femmes et 4 hommes, se sont réuni.e.s au siège de la fédération pour fonder le collectif féministe PCF 21. Les camarades se sont fixé.e.s pour objectif de faire vivre ce collectif mixte en travaillant ensemble à faire progresser l’égalité, lutter contre les discriminations et contribuer à construire un environnement plus juste et plus inclusif.

    Après un tour de table des présentations et attentes, les camarades ont travaillé sur leur première action : une charte pour l’égalité. Ce texte d’engagement fondé sur la parité, le respect, l’écoute et la soro-fraternité sera un engagement fort pour les communistes de Côte-d’Or et une réaffirmation de leur attachement aux valeurs féministes. La charte sera présentée au congrès départemental qui aura lieu à l’automne 2026.

    D’autres actions ont d’ores et déjà été envisagées : des communications régulières à l’ensemble des camarades de la fédération, des événements d’échange et de réflexion sur l’égalité femmes-hommes et l’inclusivité, ainsi que des moments de sensibilisation. Le collectif se réunira le vendredi 31 juillet à 18h au siège de la fédération, vous êtes les bienvenu.e.s !

    Bien soro-fraternellement,
    Le collectif féministe PCF 21

  • N°264 – De nouveaux pouvoirs pour les travailleurs !

    N°264 – De nouveaux pouvoirs pour les travailleurs !

    Oui, il faut lutter pour de nouveaux droits pour les travailleurs, cela reste une question de dignité, de pouvoir, d’avenir. Le 1er Mai 2026 à Dijon, le rendez-vous est donné Place du Peuple (Wilson) à 10h00, pour cette journée internationale de lutte des travailleurs.

    La tentative du gouvernement de remettre en cause le caractère chômé du 1er Mai, notamment pour les commerces, n’était pas anodine. Elle dit une chose simple : jusqu’aux conquêtes les plus symboliques du monde du travail peuvent être remises en cause. Dans ce contexte, rester dans la seule résistance ne suffit pas. Car l’impasse est là. Économique, sociale, politique. Les logiques du capitalisme financiarisé, tournées vers la rentabilité immédiate, désorganisent la production, dégradent le travail et vident la démocratie de son contenu. Cependant cette crise révèle aussi des contradictions qui ouvrent des possibles.

    Ces contradictions se vivent concrètement dans les luttes. Chez Thalès, à Mérignac, des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers se sont retrouvés en grève, débattant ensemble des salaires mais aussi des choix de gestion du groupe. Très vite, la question dépasse la revendication immédiate : pourquoi ces choix ? au service de qui ? qui décide ?
    Dans le conflit, des frontières tombent, une conscience commune émerge, et avec elle l’idée que les salariés doivent pouvoir intervenir sur les décisions. À Vencorex, c’est la même logique : derrière la défense de l’emploi et de l’outil industriel, surgit la question de la maîtrise collective des choix industriels. Peut-on laisser des décisions aussi structurantes aux seuls actionnaires ? Là encore, la bataille pose, parfois sans le dire d’emblée, la question du pouvoir.

    Dans les services publics, notamment le ferroviaire, les tensions sont tout aussi fortes. Suppression de lignes, dégradation du service, ouverture à la concurrence, logique de rentabilité : les cheminots comme les usagers font l’expérience d’un système qui décide loin d’eux. Et pourtant, dans les mobilisations, des propositions émergent : autre organisation du service, priorité donnée aux besoins des populations, exigence de continuité territoriale. La question démocratique, là aussi, monte très vite face aux choix de gestion. Car c’est bien là le point clé : la démocratie n’est pas toujours le point de départ des luttes, mais elle en devient très rapidement un enjeu central. Dès lors que les salariés se heurtent à des décisions incompréhensibles ou injustes, la question du pouvoir surgit.

    Parler de nouveaux pouvoirs, c’est prendre au sérieux cette dynamique. Ce n’est pas ajouter un supplément de démocratie, mais transformer en profondeur qui décide et selon quels critères. Aujourd’hui, les choix essentiels sont guidés par la rentabilité financière. Demain, ils doivent être orientés par l’utilité sociale, les besoins humains et les impératifs écologiques. Passer de la résistance à la conquête, c’est donc franchir un cap. Défendre l’existant ne suffit plus face à un système qui détruit. Il faut construire une alternative concrète, en partant de ce qui s’invente déjà dans les conflits sociaux.

    À l’approche du 1er Mai, l’enjeu est clair : faire de chaque lutte un point d’appui pour avancer vers une démocratie réelle, dans l’entreprise et l’économie. Là où aujourd’hui tout se décide sans les salariés, il s’agit d’imposer leur intervention. Il s’agit d’un chemin essentiel pour la transformation, afin que le travail devienne un lieu de dignité, de pouvoir et d’avenir. C’est au cœur des luttes, sans doute faut-il le mettre au cœur des échéances électorales à venir.

    La Fête de l’Humanité 2026, c’est parti !

    Nous avons bien reçu les bons de soutien pour la Fête de l’Humanité à la Fédération du PCF de Côte-d’Or (21). La Fête se déroulera les 11, 12 et 13 septembre 2026, sur la Base 217 du Plessis-Pâté et de Brétigny-sur-Orge (91). Les bons de soutien, vendus en vente militante, ou à la Fédération de Côte-d’Or (1 rue Jean Monnet à Chenôve, tél 03 80 53 11 35) sont vendus au prix de 45€.

    Ils donnent accès aux 3 jours de la Fête tout en soutenant le journal l’Humanité, et en bonus, sur les bons de soutien, le focus sur une personnalité du Front Populaire : Jean Zay, Maurice Thorez, Marcel Cachin, Léon Blum, Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg, Suzanne Lacore, Léo Lagrange ou encore Martha Desrumaux

    La première édition de la Fête de l’Humanité a eu lieu le 7 septembre 1930 à Bezons. En 2025, sa 90e édition, du 12 au 14 septembre, avait réuni plus de 610 000 visiteurs sur les trois jours, un grand succès.

  • N°263 – Municipales : « Merci aux militantes et militants du PCF »

    Je voulais tout simplement vous dire quelques mots d’introduction pour saluer et remercier, en notre nom à tous, l’ensemble des militantes et des militants du Parti communiste français qui, depuis des mois, ont mené une bataille politique formidable sur le terrain, au plus près des habitants, pour présenter des projets, convaincre et argumenter. C’est leur mobilisation, partout sur le territoire, dans toutes les fédérations, dans nos petits villages comme dans nos grandes villes, qui a permis de donner de la force et de l’énergie à nos campagnes municipales. Et c’est aussi grâce à eux, grâce à elles, que les listes de large rassemblement ont pu gagner dans toute la France.
    Bien sûr, nous avons subi quelques revers difficiles à avaler. Mais partout, nos camarades se sont battus avec sincérité et honnêteté pour défendre des programmes au service des habitants, de l’être humain, du pouvoir d’achat, des services publics et du climat, au service des belles valeurs de la République.

    Je vous propose que, tous ensemble, nous les remercions et que nous applaudissions chaleureusement et fraternellement toutes les belles, et très belles, victoires de nos camarades à Nîmes, mais aussi à Martigues, Échirolles, en Île-de-France, à Montreuil, Vitry, Bagneux, Villejuif, Gennevilliers, Noisy, Mitry, et dans plus de 400 communes de France métropolitaine. On peut les applaudir chaleureusement ces centaines de maires communistes et apparentés, à travers tout le pays, constituent un point d’appui fondamental, direct et concret pour l’avenir de notre pays. Grâce aux milliers d’élus de notre sensibilité qui siègent désormais sur les bancs des majorités comme de l’opposition, dans des centaines de conseils municipaux, le Parti communiste français demeure la seconde force à gauche, riche et fier de son implantation.

    Alors, mes camarades, bravo à toutes et à tous, et tous nos encouragements et nos meilleurs vœux pour votre mandat.

    Intervention du secrétaire national, Fabien Roussel, en ouverture du CN, article publié dans CommunisteS, numéro 1080, du 1er avril 2026

    Racisme contre des maires noirs : une honte pour la France

    Partout ça se lâche, ça éructe, ça se déboutonne. Toutes les pudeurs s’écroulent. À longueur d’ondes et d’antenne, dans les marécages des réseaux sociaux, ça insulte, ça humilie, ça
    animalise. Des mots sales. Des mots qui blessent, qui détruisent, qui divisent. Des élus de la République sont chaque jour diffamés, injuriés, menacés sans trêve, sans rappel à l’ordre, sans
    que la moindre sanction ne soit prononcée. Des standards de mairie sont submergés d’appels à caractère xénophobe [comme contre le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko].

    Cette déferlante raciste qui noie la France depuis les élections municipales ne sera pas sans conséquences. Les paroles précèdent toujours les passages à l’acte ; les discours de haine
    annoncent l’irréparable. Déjà, le nombre d’atteintes racistes et xénophobes s’envole. En 2025, la police et la gendarmerie en ont enregistré 16 485 – une photographie restreinte du phénomène,
    tant ces actes sont sous-déclarés. Parmi ces atteintes, 9 737 sont des délits et même des crimes (dont trois homicides et trois tentatives d’homicide).

    Cette atmosphère putride et suffocante installe chez les immigrés, chez les héritiers de l’immigration postcoloniale, un effroyable sentiment d’insécurité, au moment même où le cours
    normal de la vie démocratique a rendu possible la prise de responsabilité d’un nombre inédit d’élus qui leur ressemblent, qui appartiennent à leur classe sociale, qui sont décidés à combattre
    les discriminations et les inégalités dont ils souffrent.
    Les diatribes racistes que déversent en continu les médias de Bolloré, en campagne pour 2027, ne font pas que pourrir la vie commune ici. Leur écho se fait entendre au-delà de nos frontières. Il donne de la France, dont le crédit est déjà bien entamé, une image qui fait honte.

    Cette violente offensive de l’extrême droite ne sera pas défaite par des protestations à mi-voix et par des réprobations sans suite. Recycler les boniments du RN, prétendre qu’il poserait « les
    bonnes questions », valider les divisions dont il se nourrit, c’est déposer devant lui les armes sans combattre.

    Il faut entendre la Marseillaise entonnée à l’unisson le 22 mars au Blanc-Mesnil (Seine-SaintDenis) pour célébrer la défaite d’un maire fascisant. Son message est clair, la France n’a qu’une
    devise : « Liberté, égalité, fraternité ».

    L’éditorial de Rosa Moussaoui dans l’Humanité

  • N°262 – Municipales 2026, bilan des élections

    Chacun aura pu voir, lire, entendre les commentaires et les analyses sur les élections municipales et se faire personnellement une opinion. Des éléments et des commentaires des invités de plateau les plus cités depuis quelques jours et à retenir : « abstention record », « percée historique » où tout le monde sort vainqueur, LFI, PS, à gauche, LR, RN à droite, voir Renaissance. Et dans ce marasme médiatique, une force politique absente de tous les plateaux télé et dont personne n’a parlé dans les résultats : le Parti Communiste Français. Deuxième parti de gauche en termes d’élu·es et de belles conquêtes municipales, dont Nimes, 2ème ville la plus importante d’Europe administrée par des communistes après Gratz (Autriche).

    Pour ces Municipales de 2025, les résultats sont là : plusieurs centaines de maires communistes sont aujourd’hui élu·es, souvent à la tête de listes de large rassemblement à gauche, et des milliers d’élu·es communistes siégeront dans les conseils municipaux. Ce scrutin confirme une réalité trop souvent passée sous silence : le Parti communiste français reste une force nationale de premier plan, par son réseau d’élu·es, par son implantation et par le travail mené au quotidien.
    Rien de tout cela n’aurait été possible sans votre engagement, celui des directions de fédération et de section, des équipes de
    campagne, des élu·es sortant·es comme des nouvelles et nouveaux venu·es. Nous voulons vous dire notre reconnaissance, mais aussi notre exigence : transformons cet ancrage et nos bons résultats en une dynamique durable, analysons aussi nos échecs en renforçant notre organisation et en multipliant les initiatives au plus près des préoccupations populaires.

    Les municipales sont un point d’appui, pas un aboutissement : c’est dès maintenant que se prépare la suite du combat pour faire
    grandir, partout dans le pays, l’influence de notre parti.
    Il est nécessaire de souligner cette résistance et le poids politique réel que représente le PCF à l’issue des municipales, car beaucoup cherchent à masquer ou édulcorer cette position jugée, médiatiquement, « anachronique ». Néanmoins, au-delà de la résistance du PCF, force est de constater les percées et la progression du RN, la montée des droites partout, l’abstention, les divisions avec LFI et les défaites à gauche qui doivent alimenter le débat politique post municipales. À un an de l’élection présidentielle, tout reste à faire à gauche pour trouver le chemin de la victoire.

    Fred REMOND

    Liban : une annexion sur le « modèle » de Gaza

    Israël ne fait pas mystère de ses intentions au Liban. Le ministre de la Défense Israël Katz a ouvertement annoncé hier des manœuvres « pour s’emparer d’une ligne de défense avancée »
    jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière. Une « zone tampon » sous contrôle israélien dans le sud du pays où les populations déplacées de force ne pourraient revenir jusqu’à
    une date indéterminée. Voire jamais : le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a lui appelé à faire du Litani « la nouvelle frontière » avec le Liban, sous couvert du combat contre
    le Hezbollah, allié de l’Iran.

    Une annexion redoutée par les villageois contraints, par les bombes, à suivre les ordres d’évacuations qui ne cessent de se multiplier jusqu’à Beyrouth. « Ils coupent le Sud du reste du
    pays. Ce n’est pas seulement pour des raisons militaires. C’est pour qu’on ne revienne pas chez nous », témoigne l’un d’eux dans nos colonnes, ce matin. Cette nuit encore, les raids ont tué au
    moins 9 personnes. Plus de 1 000 ont perdu la vie depuis la reprise du conflit, dont au moins 118 enfants, et plus d’1 million d’habitants ont dû fuir leur maison et abandonner tout ce qu’ils
    avaient.

    La stratégie israélienne, déjà éprouvée à Gaza, ne suscite pourtant que de molles condamnations. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se contentant d’exhorter,
    au nom de la France, « les autorités à s’abstenir de telles opérations terrestres ». Un discours dépourvu d’actes dont Benyamin Netanyahou et son gouvernement n’ont cure. Reste à savoir quelle partition le premier ministre jouera avec son fidèle allié Donald Trump qui, selon des médias états-uniens, après avoir alimenté une escalade mortifère aurait mis sur la table des
    négociations avec l’Iran un plan en 15 points.

    Julia Hamlaoui

  • N°261 – Déclaration du PCF 21 à la suite de l’élection municipale à Dijon

    À Dijon, la liste d’union de la gauche et des écologistes « Dijon Change d’Ère » arrive en tête des listes véritablement de gauche avec un peu moins de 9% (près de 21% au total des 3 listes en question), ce qui l’élimine de l’offre politique au second tour. Les communistes ont apporté leur singularité et leurs contributions au fonctionnement de cette liste d’union. Nous avons présenté aux électrices et électeurs une liste d’union solide, pluraliste et dans laquelle chacune et chacun aura été complémentaire.
    Dans toute cette campagne, nous avons entendu cette exigence d’union de la gauche écologique, sociale et solidaire. Nous avons entendu cette inquiétude forte face à la menace que représente les droites, tant celle d’extrême droite que celle de la droite extrême et leur possible association.

    Nous avons aussi entendu cette défiance des citoyen.ne.s face à la vie politique actuelle dans notre pays, dans notre ville. Nous mesurons cette défiance par la forte proportion des abstentions qui démontrent un système politique à bout de souffle, une forte déception face aux trahisons et/ou au manque de prise en compte de l’expression populaire, et de la souffrance sociale et économique d’une partie de la population. Avec près de 50% d’absention, Dijon n’échappe pas à la règle. Même si Madame Koenders est largement en tête à l’issue du premier tour, elle se doit de bien mesurer qui sont ses adversaires, notamment ceux restés en lice. Elle se doit aussi de mesurer que ce fort taux d’abstention est le symptôme non négligeable de l’absence de concertation véritable des citoyens sur la conduite de la ville, particluièrement sur les grands projets structurants. Elle se doit aussi de mesurer que la stratégie du « bloc central », chère à Macron et au Modem, stratégie incarnée localement par F. Rebsamen ou F. Patriat notamment, n’a fonctionné nulle part ailleurs dans toutes les autres grandes villes. L’extrême centre représente l’absence de choix politique parce qu’il s’appuie sur l’acronyme tatchérien « il n’y a pas d’alternatives ». Cette stratégie électorale nourrit le désespoir, le ressentiment et alimente le recours illusoire aux solutions autoritaires et racistes ou à l’abstention.

    Les communistes appellent à poursuivre cet effort d’union en souhaitant profondément que toutes les forces de gauche et écologistes retrouvent leur boussole et choisissent le pluralisme progressiste. Pour autant, dans le contexte du second tour, et pour ne pas insulter l’avenir, nous appelons clairement nos électeurs à ne pas faire le choix du pire avec la droite ou l’extrême-droite.

    Le 18 mars, c’est l’anniversaire du début de la Commune de Paris

    Puisque c’est le moment de parler de communes en ces temps d’élections, autant célébrer la nôtre, avec son drapeau rouge, c’est la fête internationale et universelle ! Si les bourgeois ont leur 14 juillet 1789, les prolétaires ont leur 18 mars 1871 !

    Comme le précisait Marx à l’AIT (1ère Internationale) pour le premier anniversaire de la Commune en 1872 : « Nous considérons le glorieux mouvement du 18 Mars comme l’aube de la grande révolution sociale, qui libérera les hommes à tout jamais du régime des classes. » Comme l’écrivait Karl Marx, dans son célèbre « La Guerre civile en France » : « Le Parti ouvrier, avec sa Commune, sera célébré à jamais comme le glorieux fourrier d’une société nouvelle. Le souvenir de ses martyrs est conservé pieusement dans le grand cœur de la classe ouvrière. Ses exterminateurs, l’histoire les a déjà cloués à un pilori éternel, et toutes les prières de leurs prêtres n’arriveront pas à les en libérer. »

    Enseignements de la Commune – « Pour qu’une révolution sociale puisse triompher, deux conditions au moins sont nécessaires : des forces productives hautement développées et un prolétariat bien préparé. Mais en 1871 ces deux conditions faisaient défaut. Le capitalisme était encore peu développé et la France était surtout un pays de petite bourgeoisie (artisans, paysans, boutiquiers, etc.). Il n’existait pas de parti ouvrier ; la classe ouvrière n’avait ni préparation ni long entraînement et, dans sa masse, elle n’avait même pas une idée très claire de ses tâches et des moyens de les réaliser. Il n’y avait ni sérieuse organisation politique du prolétariat, ni syndicats et associations coopératives de masse. » Lénine, À la mémoire de la Commune, dans la Commune de Paris, pp. 18-19.

    Qu’il vienne le Temps des Cerises ! « Quand nous en serons au temps des cerises, le gai rossignol, le merle moqueur, seront tous en fête, les belles auront de la folie en tête, et les amoureux du bonheur au cœur… »

  • N°260 – Sur la liste Chenôve pour Tous ! Notre camarade Christine Truchot-Dessolle

    À trois jours du premier tour de l’élection municipale du 15 mars 2026, il faut convaincre, rassembler, faire gagner la gauche et les valeurs de la République ! À Chenôve sur la liste « Chenôve pour Tous », le PCF mandate deux candidates, Joëlle Boileau et Christine Truchot-Dessolle.

    « Pourquoi je suis candidate à Chenôve ? Nous avons fait le choix de venir vivre à Chenôve, nous connaissions déjà ceette ville par nos activités associatives, nous venions au marché le dimanche, on adore l’ambiance, la mixité sociale, les étals colorés. Chenôve est la 3ème ville du département en terme d’habitant.e.s, et malheureusement 26% vivent en-dessous du seuil de pauvreté. »

    « J’ai fait le choix d’être sur une liste de gauche qui regroupe : le PS, EELV, Génération S, Place publique et le PCF. J’ai travaillé aux PTT en 1973, je m’y suis syndiquée à Paris en 1979 et j’ai ensuite rejoint le Parti communiste français en 1983 grâce à ma camarade Jeannine Benzerga et aussi Marie Louise Yanelli aux Chèques Postaux devenus La Banque Postale.
    J’ai été candidate aux élections départementales et élue à Dijon de 2008 à 2014 dans le groupe communiste. Mon engagement est toujours là, j’aurais 70 ans après les élections, et je suis toujours en colère contre les injustices, le racisme et le sexisme.
    Le PCF a proposé trois thèmes importants dans le programme :

    • Tendre à la gratuité des transports, par étape (jeunes, seniors, …)
    • Le 1er mètre cube d’eau gratuit
    • La rénovation thermique des logements avec le soutien de l’État

    Nous aurons, Joëlle Boileau et moi, à apporter nos expériences diverses et encore beaucoup de choses à faire : reconstruction du centre aéré du plateau, de l’hotel de ville et du CCAS qui ont été brulés, et tout ça sans augmenter la part communale des impôts.
    Nous mènerons une belle campagne : réunions, tractages, collage d’affiches, rencontres avec les habitant.e.s, nous sommes confiantes et confiants.

    Trois listes nous font face : Philippe Neyraud sans étiquette (donc de droite), Patricia Marc, insoumise de Marsannay la Côte parachutée à Chenôve, et Lutte Ouvrière.
    Je souhaite une bonne campagne à mes camarades de Dijon et de la Métropole, et je leur souhaite d’avoir des élu.e.s. »

    Christine Truchot-Dessolle

    Moyen-Orient : Capitalisme fossile, la panne sèche

    Vous vous souvenez peut-être de « l’ambiguïté stratégique » avancée par Emmanuel Macron pour justifier ses changements de pied en matière de dissuasion nucléaire, Donald Trump lui pousse bien plus loin le concept et maintient un véritable « flou stratégique », alimenté par nombre de déclarations contradictoires. Dernier exemple en date hier soir, avec la promesse d’une « guerre (qui) va se terminer bientôt » en Iran quelques jours seulement après avoir affirmé que celle-ci était partie pour durer. Peu importe pour le locataire de la Maison blanche la véracité de ses déclarations tant qu’elles servent ses intérêts. En l’occurrence, rassurer sa base réticente à une guerre sans fin. Mais aussi – surtout – les marchés alors que les bourses commençaient à sérieusement dévisser plus tôt dans la journée.

    Car si les bombes ne sèment pas la démocratie contrairement aux prétentions israélo-états-uniennes, en revanche elles entraînent, outre le chaos et la mort parmi les civils en première ligne, des conséquences planétaires. Avant le discours de Trump, le prix du baril de pétrole s’est ainsi envolé lundi jusqu’à près de 120 dollars, un record depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022. Comme toujours les rapaces profiteurs de guerre sont à l’affût tandis que la mainmise sur les ressources et les voies de commerce est un des enjeux d’une guerre menée pour prolonger l’espérance de vie et de profit d’un capitalisme toujours plus avide et dévastateur pour les humains comme pour la planète. Preuve en est.

    Du côté de l’Hexagone, alors qu’Emmanuel Macron engage sa main – après y avoir mis le doigt dès la semaine dernière – dans l’engrenage guerrier en déployant « huit frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et notre porte-avions » pour rouvrir le détroit d’Ormuz, son gouvernement entend, pour l’heure, présenter la facture de la crise énergétique au citoyen lambda qui voit les prix à la pompe flamber au-delà des 2 euros. Double peine.

    J. Hamlaoui

  • N°259 – À Dijon, après le meeting avec Alexis Corbière

    C’est dans ce quartier populaire renommé de Dijon, salle Aubrac à la Fontaine d’Ouche, que nous avons tenu notre second meeting en présence d’Alexis Corbière le 26 février 2026. Le débat et les interventions n’ont pas pu échapper à la situation politique actuelle à la suite de la mort de Quentin Deranque, extrémiste identitaire. D’emblée, au PCF, à gauche, nous affirmons que rien ne justifie la mort. Nous menons une bataille des idées et combattons sur le terrain intellectuel contre l’idéologie nauséabonde d’extrême droite. À Dijon, on ne s’y trompe pas, les droites rivalisent de propos les plus extrémistes, séculaires et répressifs. Leurs programmes sont « juste » à l’opposé du nôtre. La liste « Dijon Change d’Ère », seule liste d’union à gauche, propose un programme écologique, progressiste et au plus près des habitant-e-s qui seront régulièrement amenés à donner leur avis sur les grandes orientations pour assainir notre ville, la rendre plus verte et mieux habitable.

    Alain Le Douaron, Alexis Corbière, Louis Buffet et Frédéric Rémond posent pour une photo après le meeting à Dijon le 26 février 2026.

    Comme nous ne sommes pas un cocon à part dans notre France, on regarde, on écoute, on s’inquiète sur ce qui se passe ailleurs, surtout à gauche.

    La France Insoumise a tenu un meeting à Lyon, en présence de Jean-Luc Mélenchon. Vous me direz, on est loin des municipales de Dijon. Et bien non, ces élections municipales sont éminemment politiques et ont une résonnance nationale. Jean-Luc Mélenchon est égal à lui-même : arrogant, provocateur, et pourtant il a fait salle comble. Beaucoup de jeunes se sont déplacés. Cette jeunesse montre que l’antifascisme est à gauche, que la solution ne réside pas en classant LFI à l’extrême gauche, comme le fait monsieur Nuñez qui protège les manifs d’extrême droite. La solution ne viendra jamais de ces gens du pouvoir actuel qui sont l’antichambre des extrêmes droites. Cette jeunesse, c’est nous, ce sont les forces de gauche, le mouvement ouvrier qui est le rempart contre le fascisme qui frappe aujourd’hui à la porte du pouvoir, à la porte des mairies. Cette jeunesse, c’est ce que nous sommes, c’est nous « les antifas ». Ce que je veux dire, ce que nous disons, ce qu’Alexis Corbière a dit ce jeudi 26 février à Fontaine d’Ouche, c’est que :

    Certes, nous sommes « face » à un Parti Socialiste qui « ménage la chèvre et le chou », ce n’est pas pour autant qu’il faut le rejeter en bloc. Certes, nous sommes face à une radicalité LFI sans commune mesure. LFI tombe trop facilement dans des pièges grossiers, Jean-Luc Mélenchon s’y prête. Certes, LFI veut « toute la part du gâteau », partout, que ce soit dans les municipalités, dans les départements, les régions et le national. LFI néglige, voire abaisse, ses alliés du Nouveau Front Populaire. Certes, LFI se fourvoie dans une radicalité inutile, voire dangereuse.

    C’est aussi, avec la force de la liste « Dijon Change d’Ère » que pourra se reconstruire l’unité dans la clarté, que nous gagnerons Dijon. Nous sommes les unitaires sans calomnier les autres. Nous aurons besoin de tous, de toutes les forces de gauche, écologistes et antifascistes. Être unitaire, c’est faire preuve d’une grande lucidité pour pouvoir l’emporter ; le chemin est ardu, parsemé d’embuches, de fossés, de ravins qui semblent infranchissables. Et pourtant, nous saurons bâtir les passerelles, les ponts, les viaducs indispensables pour reconstruire cette unité des gauches, de l’écologie et de l’antifascisme. Face aux dangers extrêmes de ces droites mélangées dans l’extrême, c’est le peuple de France, les travailleurs, qui sauront construire cette union. À nous de lui montrer l’exemple en mettant la gauche à la mairie de Dijon.

    Alain Le Douaron

  • N°258 – L’enjeu des élections municipales

    La dernière ligne droite est devant nous, les élections municipales du 15 et 22 mars approchent à grands pas. L’enjeu pour les communistes est capital, près de 2,3 millions de citoyens vivent en France dans 661 communes gérées par un maire communiste ou apparenté. En Côte-d’Or, 22 communistes sont présents sur des listes d’union de la gauche sur plusieurs communes de la Métropole dijonnaise (Dijon, Longvic, Chenôve, Quetigny) et celle de Beaune, ou sur des listes sans étiquette dans les communes rurales.
    Les candidats communistes réclament du « municipalisme communiste » dont l’un des fondements est de sortir du modèle capitaliste de la gestion municipale.

    Au cœur du communisme municipal se trouve un principe général : la mise en oeuvre de politiques publiques, souvent expérimentales et novatrices, pour le partage des biens communs, l’égalité et l’équité. Les mesures prises visent à faire de la commune un outil de transformation sociale capable de répondre concrètement aux besoins des habitants. Plusieurs principes fondamentaux sont requis : la justice sociale, la solidarité, la réappropriation collective des biens communs et la démocratie participative de proximité. Quand l’Etat se retire et assèche les finances municipales, les communes sont des lieux de résistance et les fers de lance d’offensives politiques sociales et écologiques. Philippe RIO, maire communiste de Grigny, en parle en ces termes : « Comme en 1871, les communes sont autant de sentinelles de l’intérêt général du peuple, au cas où l’Etat faillirait une fois de plus. »

    Frédéric Remond

    Front républicain, la grande bascule

    On ne peut que se réjouir de l’écho rencontré par la tribune « Affirmer notre antifascisme : le devoir du moment », publiée dans nos colonnes par 180 romanciers, historiens (dont l’ami Jean Vigreux à Dijon), philosophes et sociologues. Le sursaut auquel ils appellent est indispensable. Il est salutaire de dénoncer l’abjecte inversion des rôles qui veut faire de la gauche une menace pour la République et la démocratie.
    Cette manœuvre vise à achever la « dédiabolisation » de l’extrême droite alors que, dans son essence même, celle-ci n’a eu de cesse de vouloir détruire l’une et l’autre tout au long de son histoire, de l’affaire Dreyfus à la collaboration et à la guerre d’Algérie. Les menaces et les attaques du RN, de Reconquête, de leurs alliés et même de LR contre les libertés, les droits individuels et collectifs doivent être dénoncées et combattues.

    Mais ci nécessaire sursaut n’est pas suffisant. L’antifascisme, s’il veut être efficace, doit s’attaquer aux racines du mal. Le RN et l’extrême droite prospèrent sur les ravages du capitalisme. Une insécurité sociale croissante frappe les travailleurs et travailleuses, les privés d’emploi, les retraités et la jeunesse. Ils sont de plus en plus nombreux à connaître la précarité, les salaires et les pensions indignes et à voir leurs droits au logement, à la santé ou à l’éducation systématiquement bafoués.

    Ils subissent le mépris et la violence de classe du pouvoir qui, bien que plusieurs fois sanctionné dans les urnes, poursuit sa politique d’injustice sociale au profit de la bourgeoisie et des grandes multinationales. Conjugué à un système politique impuissant à satisfaire les besoins de la population, cela nourrit le désespoir, le repli sur soi et la perte de confiance dans la parole publique et les institutions qui font le lit de l’extrême droite.
    Parvenir à remobiliser les milieux populaires dans les urnes et dans la vie sociale est incontournable pour qui prétend faire reculer le RN. Cela implique de se doter d’un projet politique qui donne la priorité à l’emploi, aux salaires et aux pensions ainsi qu’au redressement des services publics.

    Pierre-Henri Lab

  • N°257 – Municipales 2026 à Dijon : Notre camarade Louis Buffet

    « Âgé de 23 ans, je suis entré au Parti communiste un an après les élections législatives de 2024. Je cherchais à m’engager après avoir étudié le programme du PCF et après avoir lu le Manifeste du Parti communiste par Marx et Engels j’ai rejoint le Parti.
    Plus tard, j’ai appris que mon arrière-grand-père, Louis Bonnerot, issu de la Saône et Loire et de la Nièvre et décédé en février 1985, dont je porte le prénom, était résistant FTP et se revendiquait communiste. J’effectue actuellement des recherches pour en apprendre plus sur lui, il est à mes yeux un héros.

    Je suis engagé pour les municipales à Dijon sur la liste « Dijon Change d’Ere » – j’y suis en 9ème position – car je souhaite que mon engagement militant prenne une tournure plus importante avec des actes concrets en politique.

    C’est aussi pour moi une histoire de famille, mon grand-père, militant de gauche pendant sa jeunesse, était adjoint à la mairie de son village pendant des années, et il est aujourd’hui tête de liste pour les municipales. Ma mère, elle aussi à gauche, m’a transmis toutes ces valeurs, et quand j’ai su qu’elle aussi était sur une liste dans sa petite ville de 4 000 habitants, j’ai eu envie de m’engager aussi.
    Ce qui m’a décidé, c’est le soutien que je reçois au quotidien de la part de mes camarades colistiers : Frédéric Remond, Tata Ouarag et Jean-François Nichele, ils sont pour moi un véritable moteur dans cette campagne, j’ai vraiment envie de bien faire les choses pour leur rendre honneur ainsi qu’au PCF 21. Je veux montrer à mon Parti combien je l’aime, mon engagement pourrait se résumer ainsi : « Prolétaires de tous les pays, unissons-nous ». »

    Louis Buffet

    À Lyon, la contagion fasciste

    « Allez-vous enfin suivre les démocraties qui ont classé ces organisations comme terroristes ? » On nage en plein trumpisme. Après la minute de silence observée hier à l’Assemblée nationale, en mémoire de Quentin Deranque, militant du groupuscule néofasciste Allobroges Bourgoin, mort des coups reçus en marge d’un rassemblement des fémonationalistes de Némésis contre une conférence de Rima Hassan (LFI) à Lyon, une députée RN a demandé le classement des mouvements antifascistes comme « terroristes », à l’instar de ce qu’a fait le président des États-Unis, après l’assassinat de Charlie Kirk. Un coup double visant à criminaliser l’opposition et à disposer d’un outil pour la museler.
    Après tout, ce n’est pas étonnant : le Rassemblement national a maintes fois prouvé l’inspiration qu’il puise auprès du locataire de la Maison Blanche, mais un cap est passé quand le ministre de la Justice ajoute, en réponse, une couche à l’amalgame et affirme dans la foulée espérer obtenir « tous les moyens juridiques pour agir », prenant plus tard l’exemple des Soulèvements de la terre, dont la dissolution a été retoquée.

    Après l’instrumentalisation visant à jeter l’opprobre sur la gauche et LFI en particulier, ce sont les libertés publiques qui sont visées. Ainsi de la demande faite par le gouvernement aux présidents d’université d’interdire les réunions publiques en cas de risques de trouble à l’ordre public. Les auteurs doivent être poursuivis et condamnés, la violence empêchée, mais la pente sur laquelle s’engage le camp présidentiel, à la suite du reste de la droite et de l’extrême droite, est décidément des plus dangereuses. Donald Trump nous montre à quel point.

    Julia Hamlaoui