N°262 – Municipales 2026, bilan des élections

Chacun aura pu voir, lire, entendre les commentaires et les analyses sur les élections municipales et se faire personnellement une opinion. Des éléments et des commentaires des invités de plateau les plus cités depuis quelques jours et à retenir : « abstention record », « percée historique » où tout le monde sort vainqueur, LFI, PS, à gauche, LR, RN à droite, voir Renaissance. Et dans ce marasme médiatique, une force politique absente de tous les plateaux télé et dont personne n’a parlé dans les résultats : le Parti Communiste Français. Deuxième parti de gauche en termes d’élu·es et de belles conquêtes municipales, dont Nimes, 2ème ville la plus importante d’Europe administrée par des communistes après Gratz (Autriche).

Pour ces Municipales de 2025, les résultats sont là : plusieurs centaines de maires communistes sont aujourd’hui élu·es, souvent à la tête de listes de large rassemblement à gauche, et des milliers d’élu·es communistes siégeront dans les conseils municipaux. Ce scrutin confirme une réalité trop souvent passée sous silence : le Parti communiste français reste une force nationale de premier plan, par son réseau d’élu·es, par son implantation et par le travail mené au quotidien.
Rien de tout cela n’aurait été possible sans votre engagement, celui des directions de fédération et de section, des équipes de
campagne, des élu·es sortant·es comme des nouvelles et nouveaux venu·es. Nous voulons vous dire notre reconnaissance, mais aussi notre exigence : transformons cet ancrage et nos bons résultats en une dynamique durable, analysons aussi nos échecs en renforçant notre organisation et en multipliant les initiatives au plus près des préoccupations populaires.

Les municipales sont un point d’appui, pas un aboutissement : c’est dès maintenant que se prépare la suite du combat pour faire
grandir, partout dans le pays, l’influence de notre parti.
Il est nécessaire de souligner cette résistance et le poids politique réel que représente le PCF à l’issue des municipales, car beaucoup cherchent à masquer ou édulcorer cette position jugée, médiatiquement, « anachronique ». Néanmoins, au-delà de la résistance du PCF, force est de constater les percées et la progression du RN, la montée des droites partout, l’abstention, les divisions avec LFI et les défaites à gauche qui doivent alimenter le débat politique post municipales. À un an de l’élection présidentielle, tout reste à faire à gauche pour trouver le chemin de la victoire.

Fred REMOND

Liban : une annexion sur le « modèle » de Gaza

Israël ne fait pas mystère de ses intentions au Liban. Le ministre de la Défense Israël Katz a ouvertement annoncé hier des manœuvres « pour s’emparer d’une ligne de défense avancée »
jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière. Une « zone tampon » sous contrôle israélien dans le sud du pays où les populations déplacées de force ne pourraient revenir jusqu’à
une date indéterminée. Voire jamais : le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a lui appelé à faire du Litani « la nouvelle frontière » avec le Liban, sous couvert du combat contre
le Hezbollah, allié de l’Iran.

Une annexion redoutée par les villageois contraints, par les bombes, à suivre les ordres d’évacuations qui ne cessent de se multiplier jusqu’à Beyrouth. « Ils coupent le Sud du reste du
pays. Ce n’est pas seulement pour des raisons militaires. C’est pour qu’on ne revienne pas chez nous », témoigne l’un d’eux dans nos colonnes, ce matin. Cette nuit encore, les raids ont tué au
moins 9 personnes. Plus de 1 000 ont perdu la vie depuis la reprise du conflit, dont au moins 118 enfants, et plus d’1 million d’habitants ont dû fuir leur maison et abandonner tout ce qu’ils
avaient.

La stratégie israélienne, déjà éprouvée à Gaza, ne suscite pourtant que de molles condamnations. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se contentant d’exhorter,
au nom de la France, « les autorités à s’abstenir de telles opérations terrestres ». Un discours dépourvu d’actes dont Benyamin Netanyahou et son gouvernement n’ont cure. Reste à savoir quelle partition le premier ministre jouera avec son fidèle allié Donald Trump qui, selon des médias états-uniens, après avoir alimenté une escalade mortifère aurait mis sur la table des
négociations avec l’Iran un plan en 15 points.

Julia Hamlaoui