La dernière ligne droite est devant nous, les élections municipales du 15 et 22 mars approchent à grands pas. L’enjeu pour les communistes est capital, près de 2,3 millions de citoyens vivent en France dans 661 communes gérées par un maire communiste ou apparenté. En Côte-d’Or, 22 communistes sont présents sur des listes d’union de la gauche sur plusieurs communes de la Métropole dijonnaise (Dijon, Longvic, Chenôve, Quetigny) et celle de Beaune, ou sur des listes sans étiquette dans les communes rurales.
Les candidats communistes réclament du « municipalisme communiste » dont l’un des fondements est de sortir du modèle capitaliste de la gestion municipale.
Au cœur du communisme municipal se trouve un principe général : la mise en oeuvre de politiques publiques, souvent expérimentales et novatrices, pour le partage des biens communs, l’égalité et l’équité. Les mesures prises visent à faire de la commune un outil de transformation sociale capable de répondre concrètement aux besoins des habitants. Plusieurs principes fondamentaux sont requis : la justice sociale, la solidarité, la réappropriation collective des biens communs et la démocratie participative de proximité. Quand l’Etat se retire et assèche les finances municipales, les communes sont des lieux de résistance et les fers de lance d’offensives politiques sociales et écologiques. Philippe RIO, maire communiste de Grigny, en parle en ces termes : « Comme en 1871, les communes sont autant de sentinelles de l’intérêt général du peuple, au cas où l’Etat faillirait une fois de plus. »
Frédéric Remond
Front républicain, la grande bascule
On ne peut que se réjouir de l’écho rencontré par la tribune « Affirmer notre antifascisme : le devoir du moment », publiée dans nos colonnes par 180 romanciers, historiens (dont l’ami Jean Vigreux à Dijon), philosophes et sociologues. Le sursaut auquel ils appellent est indispensable. Il est salutaire de dénoncer l’abjecte inversion des rôles qui veut faire de la gauche une menace pour la République et la démocratie.
Cette manœuvre vise à achever la « dédiabolisation » de l’extrême droite alors que, dans son essence même, celle-ci n’a eu de cesse de vouloir détruire l’une et l’autre tout au long de son histoire, de l’affaire Dreyfus à la collaboration et à la guerre d’Algérie. Les menaces et les attaques du RN, de Reconquête, de leurs alliés et même de LR contre les libertés, les droits individuels et collectifs doivent être dénoncées et combattues.
Mais ci nécessaire sursaut n’est pas suffisant. L’antifascisme, s’il veut être efficace, doit s’attaquer aux racines du mal. Le RN et l’extrême droite prospèrent sur les ravages du capitalisme. Une insécurité sociale croissante frappe les travailleurs et travailleuses, les privés d’emploi, les retraités et la jeunesse. Ils sont de plus en plus nombreux à connaître la précarité, les salaires et les pensions indignes et à voir leurs droits au logement, à la santé ou à l’éducation systématiquement bafoués.
Ils subissent le mépris et la violence de classe du pouvoir qui, bien que plusieurs fois sanctionné dans les urnes, poursuit sa politique d’injustice sociale au profit de la bourgeoisie et des grandes multinationales. Conjugué à un système politique impuissant à satisfaire les besoins de la population, cela nourrit le désespoir, le repli sur soi et la perte de confiance dans la parole publique et les institutions qui font le lit de l’extrême droite.
Parvenir à remobiliser les milieux populaires dans les urnes et dans la vie sociale est incontournable pour qui prétend faire reculer le RN. Cela implique de se doter d’un projet politique qui donne la priorité à l’emploi, aux salaires et aux pensions ainsi qu’au redressement des services publics.
Pierre-Henri Lab
